jeudi 23 février 2012

Pauvre Mélusine ! ...

« Irrévérencieux et provocateur ? Humaniste et universaliste ? Chacun tranchera selon ses convictions en découvrant le travail artistique de Cédric Tanguy. Invité par le centre d'art contemporain Rurart, l'artiste explique réaliser des « photographies plasticiennes » dans lesquelles il « pose des questions très contemporaines mélangées à l'imagerie populaire ».

Tout un imaginaire basé sur les symboles, réalisé par ordinateur et qui offrent un subtil mélange de réalisme et d'onirisme, de passé et de présent. Rien n'est fait au hasard : tout élément des tableaux prend sa source dans l'histoire, les guerres, les religions, la politique urbaine, la mythologie, la publicité…

Une Mehdusine mi-homme mi-femme

Pour être certain de ne rien manquer, il vaut d'ailleurs mieux suivre une visite guidée qu'y aller seul ! Une partie de l'exposition est consacrée à un travail de détournement de la légende de la fée Mélusine, personnage rebaptisé pour l'occasion Mehdusine et incarné par « la muse » de Cédric Tanguy, Mehdi Chaoui, un jeune issu d'une banlieue parisienne qu'il a rencontré grâce à un casting, et qui lui a permis de laisser de côté ses autoportraits, son « délire narcissique » présent dans son art depuis toujours. Lorsqu'on arrive dans le centre d'art, on est frappé par la reproduction géante de la façade de l'église Notre-Dame de Poitiers, quelque peu revisitée. Par sa porte ouverte, on est invité à pénétrer dans l'édifice qui comporte plusieurs « vitraux » avec Mehdusine. Ce personnage de légende est intégré dans notre monde contemporain, mi-homme mi-femme, portant le voile ou grimé tel une diablesse, enfermé dans une tour HLM d'un quartier de Poitiers, comme Mélusine avait pu être cloîtrée dans la tour de son château… On trouve également la Galerie Medhusine, dans laquelle se cachent les œuvres créées pour Rurart, mais refusées par le directeur, Arnaud Stinès. Cédric Tanguy a trouvé ce subterfuge pour les placer quand même ! Toute la série d'œuvres présentées dans cette exposition a été créée pour Rurart, dans le cadre notamment d'une résidence que l'artiste a pu faire sur le territoire et notamment auprès des jeunes du lycée agricole qui jouxte le centre d'art contemporain. Ceux-là ont d'ailleurs pris la pose pour s'intégrer dans une série de tableaux célèbres « modernisés » que l'on retrouve également dans l'exposition. Des images très esthétiques qui imposent la réflexion, pour certaines de manières crues, osées ou sanglantes."

Exposition Mehdusine de Cédric Tanguy : jusqu'au 22 avril à Rurart (à côté du lycée agricole de Venours), à Rouillé (86) »

(source : Marion Valière Loudiyi : lanouvellerepublique.fr )

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C'est aussi sous l'égide de Rurart (dispositif culturel en milieu rural) qu'avait eu lieu fin 2011 une exposition "Outre-Vivant" qui regroupait une vingtaine de coffres en plexiglass dans lesquels sont enfermés -certains depuis des années- des cadavres d'oie, de hibou, de chat, de chien, parfois à l'état de fœtus, ainsi qu'un doigt humain en décomposition...

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Tout ça est vraiment du grand n'importe quoi et participe de la décadence généralisée qui s'étend, grise et pesante, sur notre monde et à quoi répond parfaitement ce texte de Pierre Cévennes :

« L’art moderne n’est presque toujours qu’un canular, l’excuse pitoyable d’une génération sans talent ni imagination, incapable de prolonger ce qui a été fait, mais surtout de le dépasser en inventant de nouvelles formes. La dictature égalitaire a voulu que l’art, devenant accessible, compréhensible par tous, tous puissent être artistes. Au nom de cette logique implacable, on en vient à payer des fortunes des toiles peintes par des singes. Ce n’est plus la qualité de l’œuvre, l’émotion qu’elle fait naître qui fait sa valeur, mais son prix. L’art devenu incompréhensible, pour mieux le démocratiser, rendre lisible l’illisible, élever le commun au rang de l’exceptionnel, on a attaché une nouvelle dimension à l’œuvre : son explication, sans laquelle l’art moderne ne saurait exister. Jusqu’au XXe siècle, l’œuvre parlait d’elle même. Point besoin de l’expliquer, de la démontrer. L’évidence s’imposait à tous, même aux yeux des moins avertis. Aujourd’hui, l’artiste vous explique avec sérieux que ce n’est plus l’œuvre qui compte mais son interprétation, le ou les messages qu’elle délivre. Ce n’est plus de l’art, au mieux de la psychanalyse de supermarché, au pire le délire de petits commerçants, cohortes de vulgaires qui se seraient bien appelés de La Tour, Botticelli ou Michel Ange, s’ils n’avaient été si tragiquement médiocres. Le goût de ces critiques, élites autoproclamées d’une époque décadente, est si fin qu’il évoque celui des masses de « raveurs » défoncés aux psychotropes et dégoulinant d’alcool, se tordant au rythme convulsif des sons techno, entre deux spasmes de vomissements. »

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(ndlr : en ce qui concerne la question en ouverture : "Irrévérencieux et provocateur ? Humaniste et universaliste ?" la réponse est facile : rien de tout ça, mais, bien plutôt, nullard et prétentieux !...)

1 commentaire:

  1. Nevrose sponsorisée (et détournement grotesque,au passage,d'un symbole cosmo-tellurique)

    http://www.mythofrancaise.asso.fr/mythes/index3.html

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