mardi 22 janvier 2013

Les véritables raisons de la guerre au Mali



Pourquoi la France est-elle en guerre au Mali ? Pour combattre les groupes djihadistes. Mais aussi pour sécuriser ses approvisionnements en uranium. Jadis délaissé, le Sahel est ainsi devenu une zone stratégique que se disputent les grandes puissances.
Comme dans beaucoup de guerres, le combat contre les djihadistes a aussi d’autres buts. Contrairement à ce qu’a laissé entendre François ­Hollande, les intérêts français sont importants dans cette zone. Au centre des attentions : le pays voisin, le Niger et plus précisément Arlit, la mine d’uranium exploitée par les Français qui se trouve à quelques centaines de kilomètres de la frontière malienne. Troisième producteur de ce minerai au monde, le Niger fournit 33 % de l’uranium utilisé dans les centrales nucléaires françaises.
Surtout, ce pourcentage devrait augmenter : la mine d’Imouraren, proche d’Arlit, qui devrait entrer en fonction en 2015 sera la deuxième mine d’uranium à ciel ouvert du monde. Le pays devrait donc devenir un fournisseur prépondérant à l’horizon 2030. Pas question donc pour les Français d’observer les bras croisés ces groupes menacer des intérêts stratégiques.

D’autant que l’ancienne puissance coloniale n’est pas la seule à s’intéresser de près au Sahel. Cette bande désertique, qui court de l’océan Atlantique à la mer Rouge, suscite de plus en plus de convoitises. On trouve de part et d'autre de cette zone du pétrole, du gaz et des minerais en quantité.

L’espace sahélien regorge également de ressources ­énergétiques. Le potentiel y est énorme : on y découvre régulièrement des zones pétrolifères comme le bassin de ­Taoudéni, à la frontière entre le nord du Mali et le Sud algérien, considéré par certains analystes comme un nouvel eldorado pétrolier. Les pays producteurs d’Afrique de l’Ouest engendreront ainsi, entre 2002 et 2019, 350 milliards de revenus pétroliers, c’est-à-dire davantage que le PIB de la Russie.

« Auparavant, ces potentialités étaient connues, mais inex­ploitées, explique Mehdi Taje, géo­politicien, spécialiste du Maghreb. Aujourd’hui, dans un contexte de course à l’énergie, l’exploration et l’exploitation de ses ressources sont devenues rentables. Or, toutes ces ressources se trouvent dans un espace sous-défendu, sous-administré, où les États ont du mal à exercer leur souveraineté, comme au Mali. » Un « océan sahélien » sur lequel les grandes puissances se retrouvent directement en rivalité pour le contrôle des gisements et des voies de transit…

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En guerre contre le terrorisme, vraiment ? Pourquoi les médias ne parlent-ils pas des ressources naturelles convoitées, des multinationales françaises qui se construisent des fortunes dans cette région, de la misère dont elles sont responsables ? Pourquoi nous cache-t-on les véritables cibles : Mali, Niger, Algérie et l'Afrique en général ? Et le Qatar, allié de Paris, qui arme les islamistes maliens, qu'est-ce que cela cache ? Ou bien part-on en guerre pour des intérêts économiques et stratégiques soigneusement cachés ?

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